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 Le Péon selon GL

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Elfyh Nin
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MessageSujet: Le Péon selon GL   Lun 4 Fév - 17:01

" « un péon est une personne de base, ou pour que se soit plus clair pour une personne lambda, on peut assimiler péon à mouton. Etre péon, c’est accepter son « destin » sans jamais rechigner, c’est être couvert de honte lorsqu’une personne nin est avec soi, c’est écouter la musique que chacun doit écouter car les médias le demandent de façon certaine, c’est considéré comme bon tout ce qui est à la mode, c’est se vanter des biens matériels que l’on possède, c’est attacher une très grande importance à l’image que l’on renvoie à tout le monde de soi. »

Le Péon selon Grand_Lutin

Hurlements de klaxons, amas de bétons armés sécurisés, illumination de tubes cathodiques à la parole quasi divine, mouvements de foules racistes, coups de poignards dans le dos, musique aseptisée et standardisée, artistes formatés, idées délavées, cervelles à la mode, fringues au goût du jour, paillettes, froufrou, artifices, illusions, illusions d’intelligence, d’amitié, d’amour, de paix, une photocopieuse géante crachant de l’humain, morbides des néons, rimant sinistrement avec péon.
On prend un bus, on va au boulot, on se charge de parfums conditionnés dans des flacons en verre doré, avec le nom de la marque en relief. On s’habille en uniformes neutres ou on arbore une fausse identité commune sans solidarité, on tremble de froid, on croise ceux qui crèchent sur le bitume, on fume pour s’intégrer, on travaille pour s’intégrer, on parle pour s’intégrer, on boit pour s’intégrer, pour s’intégrer, s’intégrer. On monte dans la hiérarchie, on gagne plus, alors on vit plus, on achète plus, on consomme, je paye donc je suis, on perd sa jeunesse alors qu’on est adolescent, vieillir, décrépir, courbé, traînant, rampant, mourant, rien n’est résolu, rien n’est réalisé, rien n’est crée, et on s’éteint, découvrant l’énigme fabuleuse de la mort.

Je tiens à signaler mes craintes quant à l’écriture de ce texte. Péon n’est pas seulement un terme particulièrement subjectif, il est aussi très délicat à employer. Délicat car l’emploi du mot péon peut paraître prétentieux, d’ailleurs il l’est peut être réellement. Comme pour le nin, il ne faut pas prendre ce texte comme une vérité absolue, ce n’est que mon point de vue sur le terme péon, il n’y a pas lieu de croire que cette thèse interdit tout débat sur le sens du terme péon, au contraire cette thèse espère en susciter.
Concernant le concept du péon on peut distinguer de nombreuses théories plus ou moins farfelues, je vais tenter de n’énoncer que les deux principales, celles qui sont les plus opposées possibles. Ces deux théories s’intéressent surtout à l’origine du comportement péon, c'est-à-dire qu’elles se distinguent par leurs méthodes d’évolution du comportement péon. La première possibilité serait le caractère irréversible voire, pour aller encore plus loin, l’éventualité que ce comportement péon soit naturel, de naissance. La deuxième possibilité est que le caractère péon se crée au cours de la vie, qu’il peut être changé, un péon pouvant un peu plus tard ne plus l’être, ou l’inverse, un non péon le devenant.
Une question annexe, concernant le titre même de cette thèse : devons nous parler DU péon ou d’un péon ? Le sens en est très différent, si l’on parle « d’un péon » le terme devient moins péjoratif, voire perd son sens, en effet ce qui crée le péon c’est cette particularité de ne pas en avoir, d’être formaté, moulé, photocopié, congelé et décongelé, bref, cette relative absence de personnalité. Un péon semble donc plus personnel, plus unique que rassembler l’ensemble péon dans le terme générique « le péon ».
Cependant, LE péon semble tellement plus important, presque divin, on sent la puissance du terme contrairement à l’usage de l’article indéfini, on élève ici un style péon en dogme, en un ensemble cohérent de principes et d’idées.
Le choix de l’article s’énonce donc ainsi : personnification de chaque individu péon ou élévation de la nation péon en religion.

Pour revenir aux origines d’un comportement péon, il faut d’abord s’intéresser aux premiers balbutiements de la vie, aux babillements du nouveau né, à la naissance de l’humain étudié. Ainsi, le caractère péon pourrait être de naissance, tout comme la couleur des cheveux ou des yeux. Ce serait une caractéristique, un chromosome, quelque chose d’irréversible. Cette théorie me paraît non seulement injuste, mais également dangereuse car elle s’apparente à des théories qui ont déjà maintes fois prouvé leur malfaisance, à savoir les théories raciales, source de dictatures sanglantes et absurdes. Non, le caractère péon n’est pas un chromosome. Tout comme le nin, on ne naît pas péon, on le devient. Tout comme le nin, on peut perdre ses caractéristiques péon. Mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, ce retour aux origines d’une vie humaine n’est pas vain. Car la création d’un péon est affaire d’années, voire de dizaines d’années. Parfois, il est vrai, des périodes de libération de la péonerie vont surgir et libérer l’âme de façon magnifique, mais il est indéniable que le péon se crée continuellement.
L’enfant, lorsqu’il sort sa tête du corps maternel pour voir une première fois la lumière n’a aucun préjugé ou aucune haine particulière. Il ne sait pas ce qu’est le ridicule ou le mensonge. La politique, la manipulation, les guerres, tout cela lui est inconnu. Il voit les premières lumières de sa vie et pousse son premier cri sans savoir où il vient de débarquer. Et très vite cependant, même dès cette première lumière, lorsque la rétine va analyser cette éblouissement, il va s’habituer et se conditionner à une première chose : la lumière électrique.
Cela implique quelque chose de capital, l’enfant bénéficiant de la lumière électrique, il devient consommateur, et ce dès la première seconde de son « existence ». Ce nourrisson, en étant consommateur de lumière électrique devient aussi un des responsables de l’amas perpétuel des déchets nucléaires. Vont s’ajouter à cette lumière les blouses blanches des sages femmes et des médecins, les ciseaux coupant le cordon ombilical, les médicaments divers, la serviette enveloppant le nourrisson, le savon lavant les mains des sages femmes, la qualification de ses sages femmes, le béton de l’hôpital ou de la clinique, les vitres, les portes battantes, tout cela, cette orgie à la consommation, célébrée à la naissance de chaque enfant, et un petit bracelet en plastique, scellant l’identité à jamais, seulement après quelques gazouillements de vie.
Vont suivre les nombreuses étapes de la vie, indispensables pour être quelqu’un. Car être péon c’est être quelqu’un de respectable, de soumis à tout points de vue. Si l’on n’est pas péon, on est paria ou cinglé, le choix est très simple.
Cependant dans quelle mesure pouvons nous faire ce choix ? Notre libre arbitre est très limité, non pas parce que notre destin est écrit à l’avance, il ne s’agit pas là de destin, sa n’en mérite même pas le titre, non, notre rôle est déterminé à l’avance. Comme on l’a vu, dès la naissance on est habitué à certains conforts matériels tel que la lumière électrique, au cours de sa vie vont s’ajouter d’autres nécessités, conditions sine qua non au bonheur, un appartement deux pièces au quinzième étage avec vue sur les rues enfumées de pollution, une voiture rouge vif avec des vitres automatiques et une alarme stridente, un micro-ondes pour réchauffer des plats achetés dans les temples de la consommation à grande échelle, ces carrés dur comme la pierre au goût vaguement poissonneux, mutation industrielle des produits de la mer. Et ainsi on naît dans une famille pauvre ou riche, on monte ou on descend dans la magnifique échelle sociale, et si on en tombe, si on lâche les barreaux, on s’écrase plus bas, s’empalant sur des piques acérés.
Où est l’espoir ? Serait il possible de descendre cette échelle, ou d’en chuter sans dégât, aidé d’un parachute d’innocence ou d’amitié, et une fois en bas, au fin fond de l’humanité organisée et policée, détruire les fondements de l’échelle, la faire tomber, les hiérarchies sinueuses avec, emmenant avec elle tout les préjugés et prétentions grotesques sur soi même, sa petite personne tellement indispensable ?
Conditionnés comme on peut l’être depuis sa plus tendre enfance, conditionnés et serrés comme des morceaux de bidoche surgelés dans du cellophane, nos âmes, nos corps pourraient ils ensemble s’unir pour remettre en question la sacro sainte évolution de la race humaine ? Plus simplement, comment supporter l’absence de toutes ces incarnations de la technologie alors qu’on les a gardé en plein centre de sa vie depuis la naissance ?
Il est nécessaire de se poser les bonnes questions. Quand notre dernier râle sera presque terminé, quelle importance auront les petites vexations de sa vie ? La cravate jaune mise au bureau, celle à petit pois rouges, quelle importance aura son caractère ridicule ? Que seront les rires des passants moqueurs ? Que deviendront les billets amassés, les murs de sa maison ? Tout ce que l’on aura pu construire se changera en ruine et la nature reprendra sa place. Le corps en décomposition, quel intérêt il y aura à être rester calme quand il fallait l’être, à n’avoir pas obéi à ses véritables envies ? Et son être, sa personne, son âme, poussière infime dans une immensité inconcevable, pourquoi devrait elle s’enfermer dans la coquille du silence ou de la peur du ridicule ?
Pour ne plus être péon, pour pouvoir enfin vivre sans être la copie des autres, il est nécessaire de prendre conscience de son inexistence, de l’absence d’importance que constitue notre être. Il faut savoir se désintéresser de soi même, puis de tout son entourage, se désintéresser de son élévation hiérarchique ou sociale. Accédant à cet idéal, plus rien ni personne ne peut vraiment arrêter sa propre folie. Le seul obstacle persistant, c’est cette dépendance quasiment impossible à guérir, cette dépendance à la technologie en général, au confort moderne.
Une autre façon de peut être échapper à ce statut péon serait de prendre pleinement conscience que l’on est péon, et que quoi que l’on fasse on ne peut se sortir de cette prison. Bien sûr, on ne sort pas réellement du caractère péon mais on s’en éloigne, ou du moins on se donne les possibilités de combattre ce fléau impersonnel.

Je suis un péon. Vous qui me lisez êtes péon. Vos parents sont péons. Mes parents sont péons. Nos professeur, mon boucher, votre boulanger, les caissières, les dealers, les chefs d’entreprises, les rastas, les vigiles, les punks, les flics, les clochards, les skin heads, les toxicomanes, les bigotes, les alcooliques, les religieuses, les putes, tous sont péons. Le mot péon n’est pas prétentieux. Il ne l’est pas car il implique que nous sommes tous péons, que la race humaine est péon. Le vrai sens du mot péon est encore plus que anarchique ou révolutionnaire, il est anti-humain. Ce terme va chercher son sens dans une haine de notre propre race et des ses pérégrinations technologiques ou idéologiques destructrices."

GL

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Yucca

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MessageSujet: Re: Le Péon selon GL   Mar 5 Fév - 17:36

J'aime beaucoup ton texte, mais comme je ne suis pas aussi doué que toi avec les mots je veux juste répondre avec sa:

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Elfyh Nin
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MessageSujet: Re: Le Péon selon GL   Mar 5 Fév - 18:00

C'est pas moi qui ai écrit les textes ^^ c'est un ami à nous Grand_Lutin. (si le message m'était destiné!)

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Stratietas

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MessageSujet: Re: Le Péon selon GL   Mar 5 Fév - 18:44

Bravo à lui, j'aimerai savoir comment lui est venu l'idée de faire ça. Je me croirai en philo
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Yucca

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MessageSujet: Re: Le Péon selon GL   Mar 5 Fév - 19:13

Le message est destiné à tout le monde et personne. Je suis d'accord avec Stra, même si je n'ai jamais été en philo, en lisant son texte je m'y serrais cru. C'est sympa.
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